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Standard sur le clavier québécois (SGQRI 001) - Foire aux questions

Peut-on rappeler pourquoi l'on a normalisé ce clavier ?

La nécessité de normaliser ce clavier est survenue le jour du passage de la technologie des machines à écrire mécaniques ou électriques à celle des technologies de l'information. Les premiers claviers d'ordinateur personnel ne comportaient pas de lettres accentuées, et l'on a vu apparaître toutes sortes de solutions pour écrire en français sur ordinateur, au point où l'on a compté jusqu'à 16 configurations de clavier pour ce faire, ce qui n'était pas sans causer des maux de tête à ceux qui avaient à changer de clavier, sans compter les pertes de productivité dues à l'apprentissage de chaque nouveau clavier. Qui plus est, le passage aux technologies de l'information pouvait permettre d'éliminer plusieurs contraintes mécaniques (notamment la difficulté d'imprimer directement des lettres majuscules accentuées avec des touches mortes).

On doit à Alain LaBonté du ministère des Services gouvernementaux l'élimination de touches mortes pour les lettres ÉÈÀÇÙ (et leur équivalent minuscule). Les claviers canadiens-français d'antan, par exemple, comprenaient une touche morte même pour la lettre ç, bien qu'il n'y ait qu'une lettre qui comporte une cédille en français. Par ailleurs, compte tenu de la présence d'un niveau 3 sur les claviers informatiques, il s'est avéré possible d'éviter l'usage d'une touche morte en français pour l'accent grave. La position de M. LaBonté, qui est devenue une position québécoise, a finalement prévalu, même chez les plus récalcitrants au sein du comité de normalisation canadien, car la norme a été adoptée à l'unanimité par ses membres. Le comité était formé d'environ 40 personnes de tout le Canada.

Le manque de touches n'a pas permis de se débarrasser des touches mortes pour les lettres comportant des accents circonflexes ou des trémas, mais ces lettres sont toutes (à l'exception du Ê) moins utilisées que les autres. Les études de M. LaBonté avaient non seulement démontré que l'on ne se privait d'aucune ressource du clavier en évitant le recours à une touche morte pour l'accent grave et la cédille, mais que si l'on demandait à des personnes qui se servent régulièrement de claviers si elles préféraient son clavier à un clavier comportant plus de touches mortes, 71 % préféraient le clavier LaBonté, quelle que soit leur expérience. Étonnamment, on a obtenu exactement le même pourcentage lors de tests faits de manière indépendante dans d'autres provinces canadiennes, chez des personnes qui écrivent en français à l'aide d'un clavier.

Notons que les anciens claviers français canadiens comportaient déjà en général la lettre É dont la fréquence est de loin supérieure en français aux autres lettres accentuées. Notons aussi que, dans la version définitive de la norme, le gouvernement fédéral canadien a négocié un compromis à huis clos avec le gouvernement du Québec, pour que certaines touches du clavier français canadien d'IBM soient reconduites dans la norme canadienne (notamment la présence de l'apostrophe au niveau 2 du clavier, ce qui est un inconvénient remarquable en français, inconvénient que tous les claviers français implantés au Canada ont en commun), en échange de quoi l'on ne toucherait pas au concept élaboré par M. LaBonté et ce clavier detiendra une exigence dans les appels d'offres publics canadiens (ce qui n'a été respecté que pour les besoins des zones désignées comme bilingues).

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On dit que ce clavier est conforme à une norme canadienne et à une norme internationale. Qu'en est-il ?

Le clavier québécois est conforme à plusieurs normes, l'une canadienne, les autres internationales :

  • norme CAN/CSA Z243.200 au niveau de conformité B avec un clavier à 48 touches alphanumériques ;
  • norme ISO/CEI 9995-1 pour la façon de disposer les caractères sur chacune des touches ;
  • norme ISO/CEI 9995-2 pour la géométrie du clavier ;
  • norme ISO/CEI 9995-3 pour la disposition des touches du groupe 2 ;
  • norme ISO/CEI 9995-7 pour la définition des symboles internationaux de fonctions.

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Quelle différence existe-t-il entre un clavier québécois et un clavier canadien ?

En fait le clavier canadien a essentiellement été fait pour soutenir le français. Il est donc principalement utilisé au Québec. Le terme de clavier québécois proposé sur ce site a pour but d'éliminer éventuellement une ambiguïté omniprésente : les claviers dits français canadiens ou canadiens-français sont multiples, et entrent en concurrence avec la norme canadienne de clavier, la norme CAN/CSA Z343.200. Le clavier québécois obéit aux critères d'approvisionnement du gouvernement du Québec...

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Que veulent dire les symboles ?

Les symboles qui normalisent les fonctions de clavier de même que leur terminologie internationale sont définis dans la norme internationale bilingue norme ISO/CEI 9995-7  (403 Ko) (389 Ko). En cliquant sur le lien, on trouvera un exemplaire de la proposition de révision de cette norme, qui comporte quelques amendements par rapport à la première édition de cette norme internationale qui date de 1994. Aucun changement affectant le clavier québécois ne devrait être apporté dans la deuxième édition. Notons que les normes internationales sont sujettes à des droits d'auteur, mais non les propositions précédant la publication finale. On peut donc à volonté copier le document référencé sur ce site, mais par prudence, l'on devrait s'assurer de disposer d'un exemplaire officiel de la norme internationale, si l'on veut s'y référer dans un contrat ou un appel d'offres.

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Quels sont les caractères utilisés en français intégral ?

On reconnaît traditionnellement, de manière stable à partir de la fin du XIXe siècle, comme caractères strictement requis à l'écriture du français :

  • les lettres suivantes :   àÀ  çÇ  éÉ èÈ êÊ ëË   îÎ ïÏ  ôÔ  ùÙ ûÛ üÜ  ÿŸ
  • les ligatures (ou digrammes soudés) suivants :  Æ æ Œ  œ
  • l'apostrophe, le trait d'union et les guillemets français : [«] et [»]
  • les signes de ponctuation habituels.

Notons qu'en français soigné, certains emprunts utilisent d'autres caractères. Ainsi le mot français « cañon » (dont l'orthographe alternative est « canyon ») utilise le caractère espagnol ñ et que le mot français angström (dont l'orthographe suédoise est en fait Ångström — nom de famille) utilise le caractère suédois ö. L'usage de ces caractères supplémentaires, de même que bien d'autres qui comportent une graphie savante, est contesté ou à tout le moins discutable pour l'écriture du français soigné ou français intégral. Quoi qu'il en soit, beaucoup de ces caractères peuvent être saisis avec un clavier québécois si on le désire.

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Y a-t-il des ressources pour faciliter l'usage des symboles par ceux qui écrivent de la documentation ?

Les symboles internationaux utilisés sur le clavier québécois peuvent être utilisés dans la documentation des applications informatiques. Bien que l'on puisse se contenter d'images, une police de caractère de format « True Type » (du genre couramment utilisé sous Windows et sur Mac) a été confectionnée par Michael Everson.

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Qui offre ces claviers ?

Voir le site de l'Office québécois de la langue française   (OQLF) qui tient ces renseignements à jour.

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Que nous réserve l'avenir ?

La norme internationale ISO/CEI 9995-3 a été révisée pour inclure le symbole EURO, dont l'usage est appelé à croître même au Québec, notamment en raison de nos échanges privilégiés avec l'Europe francophone, dont la France et la Belgique, qui sont passées définitivement à l'usage concret et définitif de cette devise depuis janvier 2002 (le franc français n'a plus cours légal en France depuis le 17 février 2002). On n'a pas définitivement établi au Canada si l'on inclura l'EURO dans le groupe 1. La question se pose aussi pour les ligatures Æ et Œ, qui gagneraient sans doute à être accessibles dans le groupe 1 en plus du groupe 2.

La touche du module d'édition réservée à la fonction du séparateur décimal gagnerait aussi à être étiquetée sur un clavier québécois en vertu du nouveau symbole international représentant cette fonction. Voir norme ISO/CEI 9995-7  (403 Ko) (389 Ko) pour une discussion approfondie de ce symbole, qui représente une fonction de saisie et non un caractère de présentation. L'usage double au Québec du point ou de la virgule comme séparateur décimal selon les usages commerciaux nord-américains ou les conventions internationales a posé des problèmes de saisie dans le passé avec certains logiciels. Le symbole international rappelle que la saisie d'un nombre ne devrait pas dépendre de sa représentation externe. Un nombre est en effet une entité conceptuelle pour laquelle beaucoup de représentations sont permises selon les circonstances.

La norme canadienne verra sans doute certaines petites modifications de cet ordre au cours des prochaines années. Quant au fait de modifier l'attribution des caractères sur certaines touches, il semble qu'il y ait un consensus pour ne pas faire de changements, ce qui irait à l'encontre du but de normalisation, et ce, malgré certains inconvénients connus (notamment le mauvais positionnement de l'apostrophe, qui engendre plusieurs erreurs de frappe où la virgule est saisie à sa place). Il est concevable que de telles erreurs puissent un jour être corrigées plus ou moins automatiquement, notamment dans les logiciels de traitement de texte.

La disponibilité croissante du jeu universel de caractères (norme ISO/CEI 10646, ou Unicode) pourrait aussi permettre d'utiliser un clavier québécois qui serait conforme au niveau C à la norme canadienne. Ce niveau de conformité occupe complètement le groupe 2 pour soutenir plus de 40 langues européennes utilisant l'alphabet latin. Au-delà de l'alphabet latin, il faut recourir à différentes méthodes de saisie nationales pour optimiser la saisie. Notons finalement qu'une méthode internationale définie dans la norme ISO/CEI 14755 a été proposée comme la méthode du pauvre pour saisir tous les caractères mondiaux, lorsque l'on en a besoin occasionnellement.

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