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Un milieu de travail très coopératif pour Claudia Fernandez

Nous sommes arrivés le 22 février 2007, en plein hiver. Échanger l’été péruvien pour l’hiver québécois a été une grande décision, tout comme le fait de savoir qu’on laissait toute notre histoire, nos expériences, nos familles, nos amis, pour recommencer à zéro. Mais on ne regrette rien, ou très peu. Après presque cinq ans ici, on peut dire qu’on a réussi notre intégration.

Dès notre première journée, nous avons eu plein de démarches à faire, et cela continue jusqu’à maintenant. La vie des immigrants est en quelque sorte une course sans arrêt. Après avoir obtenu tous nos documents, mon conjoint et moi nous sommes inscrits à des cours de francisation. Au Pérou, nous avons suivi un cours de français jusqu’au niveau avancé, mais ici, on s’est rendu compte que ce n’était pas suffisant. Le cours de francisation était composé de deux parties : la langue et les aspects de la vie quotidienne au Québec. Cette dernière partie a été la plus importante dans notre processus d’intégration.

Après trois mois de francisation, nous étions prêts pour l’étape suivante : les études. Nous nous sommes inscrits à l’Université de Montréal à l’automne 2007. J’ai fait un certificat d’accès aux études parce que je n’avais pas fait d’études universitaires au Pérou. Pendant mes études, j’ai utilisé les services d’Intégration Jeunesse et à l’aide de ma conseillère, j’ai trouvé un mentor qui a été un vrai ange pour moi. Il s’agit d’une immigrante congolaise qui, après beaucoup de travail, est devenue fonctionnaire dans la fonction publique du Québec. Elle m’a expliqué son parcours et toutes ses expériences, ce qui m’a permis de mieux comprendre le marché du travail québécois. Ainsi, en suivant ses conseils, j’ai réussi à trouver un emploi comme bénévole dans un organisme à but non lucratif. Entre-temps, elle m’a parlé de la fonction publique et m’a encouragée à m’inscrire aux concours de recrutement. Après mon expérience comme bénévole, l’organisme m’a engagée en tant que commis de bureau. L’équipe avec laquelle j’ai travaillé était comme une famille; l’accueil que j’ai reçu de ces gens a été très important pour moi et m’a donné confiance pour poursuivre mon chemin.

Le premier concours que j’ai réussi a été celui de commis de bureau. Presque en même temps, j’ai eu la chance de m’inscrire au concours d’agent de secrétariat, travail que j’avais fait pendant dix ans au Pérou. Après avoir réussi le concours, j’ai eu plusieurs entrevues. C’est sûr que ce n’est pas facile de trouver un emploi comme secrétaire pour une personne non francophone, et à un certain moment, j’étais un peu découragée. Je voulais seulement une occasion de démontrer ce que je pouvais donner, ce que je pouvais faire, et heureusement j’ai trouvé cette personne, mon actuelle gestionnaire. C’est grâce à son appui et son encouragement que j’ai pu bâtir ma carrière au sein de la fonction publique.

J’ai travaillé comme secrétaire à Emploi-Québec, plus précisément à la Direction de la planification et de l’information sur le marché du travail de la Direction régionale de l’Île-de Montréal et, après avoir réussi un concours de technicienne en administration, j’ai eu une promotion dans la même direction en 2011. Je suis fière d’appartenir à cette organisation et je suis très contente de travailler avec cette belle équipe qui m’a accueillie si chaleureusement.

Maintenant, je poursuis mes études à l’Université de Montréal et je compte obtenir mon baccalauréat à la fin de 2013, étant donné que j’étudie à temps partiel en plus de travailler à temps plein. J’attends avec impatience la prochaine étape de ma carrière. Mon conjoint a trouvé aussi un travail dans la fonction publique. Il a fini une maîtrise à l’Université de Montréal et, après avoir travaillé comme agent de bureau, il a obtenu un poste de professionnel.

Travailler dans la fonction publique québécoise a été une étape de mon processus d’immigration qui n’était pas planifiée, mais qui m’a donné des outils pour m’intégrer à cette société, pour faire partie d’un monde dans lequel il y a une place pour moi, où je peux continuer à grandir, où il n’y a pas de limites, seulement celles qu’on s’impose nous-mêmes.