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Entrevue avec M. Michel Rouleau

Une relève pour l'avenir
Entrevue avec M. Michel Rouleau

M. Michel RouleauLe témoignage qui suit a été diffusé dans le Journal Ensemble sur le site intranet du ministère de la Justice en 2008. L’entrevue avec monsieur Michel Rouleau, qui occupait alors le poste de directeur des greffes au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield, a été effectuée par madame Ginette Andrée Poirier de la Direction des communications. Monsieur Rouleau nous raconte l’expérience qu’il a vécue en participant au Programme de développement de l’employabilité à l’intention des personnes handicapées.

Avant d’aborder le vif du sujet, pourriez-vous nous dire quelques mots sur votre parcours professionnel?

J’ai commencé ma carrière comme technicien en droit au palais de justice d’Amos. Puis, j’ai occupé cette fonction au palais de Saint-Jérôme. Par la suite, j’ai été promu directeur du secteur civil au palais de justice de Joliette. Finalement, en août 2004, je relevais un nouveau défi à titre de directeur des greffes au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield. J’y ai également été directeur par intérim de mai 2005 à décembre 2007.

Depuis combien de temps avez-vous une personne handicapée dans votre équipe?

Le 10 octobre 2006, Éric Charron a commencé à occuper un emploi de 12 mois dans le cadre du Programme de développement de l’employabilité des personnes handicapées (PDEIPH). Ce programme vise à aider une personne handicapée à obtenir un emploi dans la fonction publique québécoise en lui permettant de développer ses compétences en situation de travail. À la fin des 12 mois, j’ai obtenu que le contrat d’Éric soit prolongé. Cela fera donc deux ans qu’il est avec nous, à la Division des petites créances.

Parlez-nous un peu de lui.

Éric occupe les fonctions d’agent de bureau aux petites créances. Il voit également à l’immatriculation des entreprises. C’est une personne très motivée et qui fait preuve d’enthousiasme devant les tâches qu’on lui confie. Il a vraiment su mettre à profit les connaissances acquises durant son stage en emploi. D’ailleurs, il a réussi le concours d’agent de bureau. Nous avons donc été heureux de lui offrir un poste d’occasionnel dans ce corps d’emploi.

« Éric est une personne très motivée et qui fait preuve d’enthousiasme devant les tâches qu’on lui confie. »

Quel est son handicap? Quelles mesures avez-vous prises pour faciliter son intégration?

Éric se déplace en chaise roulante. La zone de stationnement a été modifiée afin qu’il puisse avoir un accès plus rapide à l’entrée du palais. De son côté, il a dû apprendre à circuler dans une aire de travail étroite. L’exiguïté des lieux nous a malheureusement obligés à reporter sa formation comme caissier. Nous espérons que les travaux d’agrandissement qui sont prévus au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield permettront à Éric de faire bientôt cet apprentissage.

Comment avez-vous réagi lorsque vous avez appris qu’une personne handicapée ferait partie de votre équipe? Et ses collègues?

Vous savez, ce que nous voulons avant tout, c’est pouvoir compter sur une relève pour l’avenir. Que la personne soit handicapée ou non importe peu; c’est sa compétence qui nous intéresse. Et à l’instigation de M. Cloutier, directeur du palais au moment où Éric a été recruté, j’ai voulu que les limites imposées par son handicap soient franchies.

« Que la personne soit handicapée ou non importe peu;
c’est sa compétence qui nous intéresse. »

Un élément qui a facilité l’intégration d’Éric, c’est qu’il s’agissait d’une deuxième expérience de ce type au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield. Comme la première s’était avérée enrichissante pour tout le monde, Éric a été bien accueilli par ses collègues. Bien sûr, au début, chacun a eu à collaborer pour lui donner la formation requise et l’assister dans le classement à l’occasion. Mais, de façon générale, son arrivée a été perçue de façon positive et vue comme un bon coup de main qui serait donné dans l’avenir à une équipe de travail surchargée.

Qu’est-ce que cette expérience vous a apporté?

C’est pour moi une expérience positive et valorisante que d’avoir contribué à intégrer une personne handicapée au marché du travail. J’ai le sentiment d’avoir accompli quelque chose de bien et d’important pour cette personne. Mais j’ajoute tout de suite que, sans l’implication de tout le personnel, une telle réussite n’aurait pas été possible.

En terminant, avez-vous noté un changement dans la perception des autres membres de votre personnel à l’égard des personnes handicapées?

Je crois qu’ils sont plus conscients de ce qu’implique un handicap dans la vie d’une personne. Je remarque qu’ils ne se gênent pas pour questionner Éric et que celui-ci, en retour, fait preuve d’ouverture en leur répondant avec empressement.

Un grand merci d’avoir partagé votre expérience avec nous.

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