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Entrevue avec M. Éric Charron

Une relève pour l'avenir
Entrevue avec M. Éric Charron

M. Éric CharronLe témoignage qui suit a été diffusé dans le Journal Ensemble sur le site intranet du ministère de la Justice en 2008. L’entrevue avec monsieur Éric Charron, agent de bureau à la direction des greffes au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield, a été effectuée par madame Ginette Andrée Poirier de la Direction des communications. Monsieur Charron nous raconte l’expérience qu’il a vécue en participant au Programme de développement de l’employabilité à l’intention des personnes handicapées.

Comme entrée en matière, pourriez-vous nous parler un peu de votre parcours professionnel?

J’ai suivi une formation en comptabilité au Centre de formation professionnelle Paul-Gérin-Lajoie, à Vaudreuil-Dorion. Cela m’a permis d’obtenir mon diplôme d’études professionnelles, communément appelé DEP. Par la suite, j’ai fait un stage à la Commission scolaire des Trois-Lacs.

À la fin de mon stage, j’ai eu l’occasion d’acquérir plus d’expérience en travaillant aux comptes fournisseurs de la compagnie Leviton, une entreprise spécialisée dans la fabrication de matériel électrique. Il s’agissait d’un emploi de remplacement pour une période d’un an. Peu de temps après la fin de mon mandat, je suis entré au palais de justice de Salaberry-de-Valleyfield. C’était le 10 octobre 2006. Cela fera donc bientôt deux ans que j’occupe cet emploi.

En quoi consiste votre travail?

Je suis agent de bureau à la Division des petites créances de la Cour du Québec. Mon travail consiste principalement à aider les justiciables dans le cheminement de leur dossier. Je suis donc chargé d’ouvrir les dossiers, de les mettre à jour, de les inscrire sur le rôle de la Cour, c’est-à-dire sur la liste des causes à être entendues. Je m’occupe également de l’immatriculation des entreprises.

Pourriez-vous nous dire quelques mots sur votre handicap?

Je suis né avec le spina-bifida. C’est une maladie congénitale qui cause des dommages permanents et irréversibles à la moelle épinière. Je dois donc me déplacer en chaise roulante.

Quelle est votre appréciation des mesures mises en place pour vous faciliter la vie au travail, et qu’est-ce qu’il reste à améliorer?

J’ai beaucoup apprécié que les mesures aient été prises avant mon arrivée. Par exemple, la zone de stationnement a été modifiée afin que je puisse avoir accès plus facilement à l’entrée du palais de justice.

Quant aux améliorations à apporter, je dirais qu’un peu plus d’espace pour circuler dans mon environnement de travail serait sûrement une bonne mesure. Cependant, je me suis habitué à me déplacer dans un espace restreint et, maintenant, ce n’est vraiment pas un problème pour moi.

Quelle a été la réaction de vos collègues lorsque vous avez commencé à travailler au palais de justice?

Comme toujours, au début, les gens me posent des questions sur mon handicap. Ils veulent savoir si c’est de naissance, comment je réussis à faire telle ou telle activité, etc. Mais au fur et à mesure qu’ils me côtoient et qu’ils apprennent à me connaître, ils en arrivent à ne plus voir mon handicap et à me considérer comme une personne pareille à eux-mêmes.

« Au fur et à mesure que les gens me côtoient, ils en arrivent à ne plus voir mon handicap. »

Combien de temps a-t-il fallu pour que vous vous sentiez à l’aise dans votre milieu de travail?

En fait, je ne crois pas avoir vécu beaucoup plus de difficultés que toute personne qui commence un nouvel emploi. Il faut dire que je suis d’un tempérament plutôt patient et que je m’adapte assez facilement. Cette attitude m’a certainement aidé à bien m’intégrer dans mon équipe de travail.

Quelle satisfaction retirez-vous de votre expérience?

Sans aucune hésitation, je répondrai que ce qui me rend le plus fier, c’est d’avoir obtenu un emploi comme toute personne dite « normale ». Tout simplement.

Qu’est-ce que vous aimeriez dire à un gestionnaire de la fonction publique en ce qui concerne l’embauche d’une personne handicapée?

Je lui dirais de ne pas avoir peur d’engager une personne vivant avec un handicap. Si cette personne a les compétences requises pour le poste, elle devrait avoir sa chance.

M. Charron, un grand merci d’avoir partagé votre expérience avec nous.
 

Dernière heure

Au moment d’aller sous presse, nous apprenons que M. Charron a accepté de siéger au comité permanent chargé d’élaborer le plan d’action annuel du Ministère destiné à favoriser l’intégration des personnes handicapées. Nous lui offrons toutes nos félicitations pour son implication. Nul doute que sa contribution s’avérera fort utile pour mettre en place les mesures les plus appropriées à la situation des personnes handicapées.

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