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Témoignage de Mme Fatoumata Diallo

Un parcours d’intégration professionnelle au Québec dont je suis très fière
Témoignage de Mme Fatoumata Diallo

Mme Fatoumata DialloMme Fatoumata Diallo est originaire du Burkina Faso. Elle est arrivée au Québec en juillet 2005 avec une licence en droit privé commercial de l’Université de Ouagadougou. Elle est aujourd’hui agente d’aide socio-économique au ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale.

J’avais au départ une bonne raison d’immigrer au Québec : mon mari y résidait. Toutefois, j’avais de grandes appréhensions concernant l’éloignement de ma famille, la rigueur des hivers québécois et l’incertitude quant à la possibilité de trouver un emploi équivalent à celui que j’avais dans mon pays. J’avais quand même confiance parce que je savais de quoi j’étais capable.

J’étais consciente qu’en immigrant au Québec je serais peut-être obligée de faire le deuil de ma profession. En effet, exercer le droit dans un autre pays demande presque toujours de retourner aux études. J’ai donc décidé de mettre plutôt à profit mes aptitudes administratives, mes habiletés en rédaction, ma capacité d’analyse, ma culture générale, etc. Il y a donc une forme de résilience constructive et positive qui doit prendre le dessus afin de nous permettre de nous intégrer et de trouver la bonne voie.

Dès mon arrivée, ma priorité a été de chercher un emploi. Après deux semaines de fréquentation assidue du Collectif des femmes immigrantes du Québec, organisme spécialisé qui vient en aide aux nouveaux arrivants, la chance m’a souri. Une possibilité d’emploi comme secrétaire-réceptionniste s’est présentée au Collectif, grâce au programme de subventions PRIIME du ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale. Ce programme permet aux immigrants de bénéficier de subventions salariales pour faciliter l’obtention d’un premier emploi.

Cette expérience m’a permis, en février 2007, d’obtenir un poste de secrétaire-réceptionniste à la Chambre de commerce et de l’industrie de Saint-Laurent. En discutant avec les conseillers aux entreprises d’Emploi-Québec et en cherchant sur Internet, j’ai découvert les possibilités d’emploi qui existaient dans la fonction publique québécoise. J’ai commencé à visiter régulièrement le site Internet du Secrétariat du Conseil du trésor pour voir si des offres correspondaient à mon profil.

Finalement, des concours d’agent de bureau et de préposé aux renseignements ont été affichés. J’ai réussi les examens et mon nom a été inscrit sur les listes de déclaration d’aptitudes pour ces emplois. Je venais d’ouvrir une autre porte dont bien de nouveaux immigrants ignorent l’existence ou croient impossible à ouvrir! J’étais bien fière de moi!

Deux semaines plus tard, j’ai reçu le coup de téléphone tant attendu. C’était le ministère de l’Emploi et de la Solidarité sociale qui me proposait une entrevue pour un poste d’agente de bureau à Emploi-Québec. J’ai été embauchée en juin 2008. J’étais tellement fière de travailler pour la fonction publique du Québec et de pouvoir dire à mes parents au Burkina que j’étais « fonctionnaire »! Chez nous, ce terme est tellement plus rassurant. Je savais que j’allais avoir de réelles perspectives de carrière.

« J’étais tellement fière de travailler pour la fonction publique du Québec et de pouvoir dire à mes parents au Burkina que j’étais « fonctionnaire »! »

Mon intégration dans l’équipe du service aux entreprises a été plus qu’une réussite grâce à la combinaison de plusieurs facteurs. D'abord, l’accueil dont j’ai bénéficié m’a permis de me sentir, dès le premier jour, comme un membre à part entière de l’équipe. Une personne était désignée pour me présenter au reste du personnel et m’aider à m’installer dans un bureau spacieux et confortable. J’ai eu toute l’information nécessaire pour me sécuriser et me permettre de me préparer à l’emploi. Ensuite, l’équipe de gestion du service s’est vraiment investie pour une définition claire mais flexible de mes tâches selon mes compétences, mes connaissances et mes aspirations. Le travail d’équipe propre au service a permis de me jumeler successivement à plusieurs techniciens, conseillers et gestionnaires afin de me transmettre la vision organisationnelle et opérationnelle de l’organisation et de me permettre de comprendre vraiment quels étaient mon rôle et les objectifs poursuivis par Emploi-Québec.

Pour m’aider à accomplir efficacement mes tâches, mes besoins de formation ont été déterminés et j’ai pu bénéficier de séances de formation tant à l’intérieur qu’à l’extérieur.

Le respect de la diversité et de la différence par la direction et les collègues a également été un facteur déterminant pour mon intégration, car montrer à l’autre qu’on le respecte dans sa différence et qu’on lui donne des chances égales d’assimiler de nouvelles façons de faire lui permet de mieux performer et d’apporter sa touche professionnelle et personnelle à son environnement de travail.

« Le respect de la diversité et de la différence par la direction et les collègues a également été un facteur déterminant pour mon intégration. »

Tous ces efforts d’intégration et de formation déployés par le Ministère, les gestionnaires et les employés m’ont permis, au bout de quelques mois, d’être une adjointe administrative de direction efficace et appréciée de ses collègues.

Alors que je travaillais comme agente de bureau, j’ai continué à être à l’affût de nouvelles occasions de progresser à l’intérieur de l’organisation. Lorsque le concours de la fonction publique pour le recrutement d’agents d’aide socio-économique a été lancé, je me suis inscrite sur le site du Secrétariat du Conseil du trésor (que j’appelle maintenant le Conseil à trésors..!). J’ai participé aux examens, que j’ai réussis, avec à la clé une reconnaissance d’expérience de trois ans étant donné mes études universitaires. Je venais donc de trouver la formule pour mettre à profit mes études dans un autre domaine que le droit!

Au cours de l’automne 2009, j’ai postulé pour un emploi d’agente d’aide et j’ai eu ma promotion en novembre de la même année. Encore une marche de montée!

Pour réussir, j’ai bénéficié de la confiance de mon gestionnaire qui a toujours fait preuve de respect et de tolérance, de compréhension et d’esprit de « coaching » avec moi. C’est aussi la qualité et les compétences des gestionnaires qui font que l’intégration en emploi d’un immigrant devient un succès, peu importe son domaine d’études ou ses acquis.

La prochaine étape de mon parcours passera encore par le Secrétariat du Conseil du trésor, car j’attends avec impatience l’affichage du concours pour des emplois d'attachés d’administration. Entre-temps, j’ai obtenu le statut d’employée permanente!

Voila, en gros, mon parcours d’intégration professionnelle au Québec, dont je suis très fière et qui, je l’espère, inspirera beaucoup d’autres immigrants dans leur recherche d’emploi. Quand on s’arme de persévérance, de courage et de patience, et qu’on utilise toutes les ressources gouvernementales mises à notre disposition, on peut arriver à faire sa place dans ce pays qui a beaucoup à donner et encore plus à recevoir de ses immigrants.

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