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Entrevue avec M. Christian Dufour

Un homme engagé
Entrevue avec M. Christian Dufour

M. Christian Dufour et Mme Andrée PréfontaineLe témoignage qui suit a été diffusé au ministère des Transports en 2005. L’entrevue avec monsieur Christian Dufour, agent de recherche et de planification socio-économique au service Conseil, expertise et soutien aux partenaires, a été effectuée par madame Andrée Préfontaine, conseillère en gestion des ressources humaines à ce ministère. Monsieur Dufour nous raconte son cheminement personnel et professionnel. Par ailleurs, le contexte environnemental est en constante évolution et, malgré des changements significatifs importants apportés depuis cinq ans, la question de l’inclusion sociale des personnes ayant des limitations fonctionnelles demeure toujours un défi aussi captivant, selon monsieur Dufour.

Christian, tu occupes un poste d’agent de recherche et de planification socio-économique au service Conseil, expertise et soutien aux partenaires depuis 13 années. Est-ce la profession que tu projetais d’exercer quand tu as commencé tes études universitaires?

À vrai dire, j’ai commencé mes études universitaires en médecine. Mais, après deux ans à l’Université de Montréal, j’ai eu un grave accident d’automobile qui m’a rendu quadriplégique. J’ai toutefois, après une année en réadaptation, complété ma troisième année de médecine. Par contre, au moment de faire mon externat, mon cheminement universitaire est devenu plus compliqué. En effet, à cette époque, il n’y avait pas vraiment de services adaptés. La mentalité et le contexte étaient différents d’aujourd’hui. J’ai donc renoncé.

C’est alors que je me suis acheté une camionnette et que nous sommes partis à l’aventure, mon frère et moi, pour un périple d’un an qui devait nous mener en Amérique du Sud. Au retour, je suis venu m’établir à Québec où, malheureusement, à cette période, le transport en commun était pratiquement inexistant pour des personnes aux prises avec des limitations semblables aux miennes. C’est à force de pressions politiques, de manifestations de toutes sortes qu’un projet pour la mise sur pied d’un premier système de transport adapté a enfin vu le jour à Québec. Je faisais partie de cette équipe de pionniers en 1975.

Par la suite, j’ai complété un baccalauréat et une maîtrise en psychologie à l’Université Laval. En sortant, j’ai obtenu un poste d’agent de recherche à l’Office des personnes handicapées à Drummondville.

À l’occasion de ce travail, j’ai été invité au congrès Autonomie 92 qui avait lieu à Vancouver. J’ai été tout simplement fasciné par leurs systèmes de transport et par les services mis à la disposition des personnes ayant des limitations. Je ne pouvais pas me figurer que de telles facilités d’accès existaient.

À cette même période, le ministère des Transports a réclamé ma participation  pour travailler à l’élaboration d’une politique sur l’accessibilité universelle de tous les systèmes réguliers de transport en commun. Depuis, je suis toujours au Ministère.

Au cours de ta carrière, plusieurs mandats t’ont été confiés. Quels projets suscitent le plus ton intérêt au travail ou à l’extérieur?

Ce qui me motive est le fait que je peux, en tant que personne vivant avec des limitations, intégrer assez souvent mes préoccupations personnelles à mes dossiers en transport, notamment au chapitre de l’accessibilité universelle. Ainsi, à titre personnel, j’ai fait de la problématique de l’accessibilité du métro de Montréal et du funiculaire à Québec une cause à défendre. Le métro fait partie des trois seuls au monde qui n’offrent pas d’accessibilité adaptée. Je suis donc souvent consulté par mes collègues de Montréal qui s’occupent du prolongement des lignes de métro.

« Je peux intégrer assez souvent mes préoccupations personnelles à mes dossiers en transport. »

Par ailleurs, j’ai beaucoup travaillé récemment sur la refonte de la loi sur le taxi. En dehors de mes fonctions au Ministère, je suis également actif au sein de plusieurs organismes de promotion en services adaptés. Mon directeur respecte en général ces aspects de mon engagement personnel à travers mes dossiers, et je lui en suis fortement reconnaissant.

Afin de t’aider à accomplir ton travail, quels sont les équipements mis à ta disposition?

Les adaptations sont minimes. Mon bureau est surélevé, j’ai une souris spéciale et un téléphone main libre. De plus, j’utilise une licorne fixée à un bandeau, qui me permet de taper sur le clavier de mon ordinateur.

Bref, l’aménagement de mon environnement facilite mon travail, certes, mais ce qui me permet de m’y plaire demeure mes mandats et surtout la collaboration de mes collègues et de mes supérieurs. Grâce à eux, je peux garder mes convictions et continuer à foncer pour les défendre.

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