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Entrevue avec Mme Zénab Hamat

Gaspésienne d’adoption
Entrevue avec Mme Zénab Hamat

Mme Zénab HamatS’intégrer dans une communauté culturelle différente de la nôtre n’est pas toujours chose facile. Croyances religieuses, climat, politique, alimentation, ouverture aux autres cultures, us et coutumes sont autant d’éléments qui peuvent influer sur la réussite d’une intégration.

Manon Cyr, responsable des communications à la Direction régionale de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ), a interviewé Zénab Hamat afin de faire le point sur son intégration.

Musulmane et originaire du Tchad, Zénab Hamat quitte ses parents et ses cinq frères et sœurs pour étudier en agroéconomie à l’Université Laval à Québec en août 1997. Titulaire d’une maîtrise, elle obtient un poste de conseillère en développement du bioalimentaire en novembre 2006 à la Direction régionale de la Gaspésie–Îles-de-la-Madeleine du MAPAQ, dont les bureaux sont situés à Caplan, dans la Baie-des-Chaleurs. Zénab assume également la responsabilité du dossier de l’agrotourisme et de celui de la relève et de l’établissement agricole.

Zénab, qu’est-ce qui t’a incitée à postuler un emploi en Gaspésie?

J’ai toujours voulu travailler en développement régional. J’ai tout de même beaucoup hésité avant de me lancer dans le processus, car j’avais des préjugés quant aux possibilités, pour une femme de race noire, de travailler en région éloignée. C’est non seulement la description des tâches qui m’a vraiment incitée à accepter le poste, mais aussi la bonne première impression que j’ai ressentie lorsque j’ai passé une journée avec l’équipe de la direction régionale. Je voulais connaître aussi bien qu’eux le territoire et la clientèle.

Connaissais-tu la Gaspésie?

Je connaissais très peu la Gaspésie, outre le fait que la région était à plusieurs heures de route de Québec. J’en avais également vaguement entendu parler par une étudiante qui adorait la région et qui en faisait l’éloge.

Quelle a été la principale difficulté dans ton intégration à la vie de la Baie-des-Chaleurs?

Je ne considère pas que mon intégration a été très difficile dans la région, en dehors du fait que j’ai dû m’adapter à un mode de vie assez différent de celui que j’avais connu à Québec. En fait, les personnes rencontrées, au travail ou en dehors, m’ont accueillie à bras ouverts et aidée à me loger, à m’installer, à me véhiculer et à rencontrer du monde en m’invitant à toutes sortes d’activités. Elles ont facilité mon intégration.

Et pour favoriser mon intégration sociale, je me suis engagée bénévolement dans le conseil d’administration de la Coop de solidarité Rue de la cité.

« Pour favoriser mon intégration sociale, je me suis engagée bénévolement dans le conseil d’administration de la Coop de solidarité Rue de la cité. »

Côté travail, considères-tu t’être bien intégrée à l’équipe?

Oui. Sans cela, il aurait été difficile pour moi de mener à bien mes fonctions, d’autant plus que j’ai un mandat relativement horizontal qui m’amène à travailler en collaboration avec les autres membres de l’équipe et même avec d’autres organisations. Je participe également occasionnellement à l’organisation de notre party de Noël.

Quelles sont les principales difficultés que tu as vécues à ton arrivée à Caplan?

Ma plus grosse difficulté a été d’accepter de ne pas passer inaperçue. Mais aujourd’hui, il m’arrive même d’oublier que je ne viens pas d’ici.

« Aujourd’hui, il m’arrive même d’oublier que je ne viens pas d’ici. »

Quatre ans plus tard et avec du recul, crois-tu que la population gaspésienne est prête à accueillir les communautés culturelles?

Il est délicat de répondre à cette question. Je pense tout de même qu’il y a une certaine ouverture en ce sens puisque le processus d’accueil a tranquillement commencé. En effet, il y a quelques membres issus de communautés culturelles qui demeurent en région depuis plusieurs années. Mais il reste qu’il y a tout un cheminement à faire de part et d’autre.

En terminant, crois-tu que la fonction publique permet aux membres des communautés culturelles de bien s’intégrer?

En me basant sur ce que j’ai vécu, je suis portée à dire oui. En effet, plusieurs actions ont été faites par mon supérieur immédiat et mes collègues, facilitant ainsi mon intégration en milieu de travail.

Zénab, je te remercie d’avoir participé à cette entrevue qui incitera peut-être d’autres personnes à venir s’établir en Gaspésie et à en faire leur terre d’adoption.

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