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Témoignage de Mme Johanne Bois

Fait vécu : la vie au travail avec un handicap
Témoignage de Mme Johanne Bois

Fait vécu : la vie au travail avec un handicap Entrevue avec Mme Johanne BoisPour la Semaine québécoise des personnes handicapées, qui se déroule du 1er au 7 juin, nous souhaitons partager avec vous quelques bribes de la vie d’une personne, soit Mme Johanne Bois, que nous avons rencontrée en entrevue. Madame Bois occupe un poste de préposée aux renseignements au bureau de la Commission des normes du travail de Montréal. Nous rapportons ici son témoignage, qui vous permettra d’en savoir un peu plus sur la vie quotidienne d’une personne à mobilité réduite et, plus particulièrement, sur celle d’une personne atteinte de paralysie cérébrale.

Rappelons que la paralysie cérébrale n’est pas une maladie, mais bien un état. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, les capacités mentales de la personne ne sont pas nécessairement affectées. En effet, le terme « paralysie » réfère au manque de contrôle des muscles ou des mouvements du corps et le terme « cérébral », au fait que le cerveau est atteint. Plus précisément, c’est le nom donné à un ensemble de troubles neurologiques congénitaux non dégénératifs qui apparaissent au cours des trois premières années de la vie. Il n'existe pas de cure pour la paralysie cérébrale, car les cellules du cerveau ne se remplacent pas, mais certains traitements peuvent améliorer l’état de la personne.

Enfance et adolescence

Née prématurément après seulement 25 semaines de grossesse, Mme Bois risquait cent fois plus qu’un enfant né à terme de souffrir de paralysie cérébrale. Et, malheureusement pour elle, dès la petite enfance, des lésions cérébrales apparaissent. Elle éprouve des problèmes de développement moteur et d'équilibre, ce qui la rend moins habile et lui occasionne des difficultés à se déplacer. Elle amorce alors, vers l'âge de deux ans, un long suivi médical où se succèdent des séances de physiothérapie, des traitements et de la rééducation à la marche.

Consciente de ses différences physiques, Mme Bois a toujours été très exigeante envers elle-même. Empruntant le chemin de l’école régulière, elle a poursuivi ses études jusqu’au baccalauréat, et ce, malgré ses difficultés de déplacement. En effet, le simple fait de prendre les transports en commun était déjà passablement complexe, puisqu’elle manquait d’équilibre et de coordination. Imaginez-vous avec en plus un sac à dos rempli de livres, le tout avoisinant les 10 kilos… Elle s'est même fait demander si elle était ivre par un chauffeur voyant sa difficulté à garder son équilibre dans un autobus en mouvement. C’est dire que c'est facile pour les gens de juger à première vue, sans savoir vraiment ce qu'il en est vraiment.

Le monde du travail

Ses débuts dans le monde du travail n'ont pas été simples, car la plupart des emplois n'offraient pas les adaptations nécessaires à son handicap. Devoir refuser un emploi parce que les dossiers sont inaccessibles (étagères, classeurs), parce que l'on doit travailler debout ou qu'il y a une rotation de tâches dans le personnel, c’est frustrant. Amoureuse de la langue et de la pédagogie, elle a longtemps aidé les jeunes à compléter leurs devoirs.

Désirant mener une vie professionnelle active, Mme Bois a travaillé, en tant que participante au Programme de développement de l’employabilité à l’intention des personnes handicapées (PDEIPH), comme préposée au Service de renseignements. Sa participation au programme en 2008-2009 lui a redonné la confiance nécessaire pour soumettre sa candidature lors d’un concours pour un poste de même catégorie. La réussite des examens et de l’entrevue lui ont permis de poursuivre son travail au sein de la fonction publique une fois le programme terminé. Elle se dit très heureuse, car elle travaille dans un organisme qui fait preuve d’ouverture envers les personnes handicapées, mais surtout avec une équipe de travail et un gestionnaire qu'elle aime beaucoup.

Elle se dit très heureuse, car elle travaille dans un organisme qui fait preuve d’ouverture envers les personnes handicapées, mais surtout avec une équipe de travail et un gestionnaire qu'elle aime beaucoup.

Son emploi est tout à fait adapté à son handicap, puisque les tâches qu’elle doit accomplir peuvent se faire en position assise. Pour minimiser ses déplacements, son poste de travail est situé près de la porte de sortie et de la salle de repos. Lorsque nécessaire, ses collègues se font un plaisir de l’aider à transporter des objets, par exemple, un café ou un plateau. Puisqu’elle vient travailler en voiture avec son conjoint, elle n'a plus à affronter certains obstacles comme se déplacer sur des trottoirs enneigés ou monter et descendre des transports en commun.

Vie quotidienne

Grâce à sa volonté et à ses efforts, Mme Bois réussit à vivre une vie quasi « normale ». Mère de deux adolescentes, elle bénéficie du soutien de son conjoint et du CLSC pour l’aider dans ses tâches. Elle s’intéresse au cinéma et à la lecture, car elle a soif d'en apprendre toujours plus. Adepte de la natation, elle a suivi des cours d’étirements et de Qi Gong. Prochainement, elle souhaite réessayer le vélo et le kayak.

Lorsqu’on lui demande quels sont ses rêves, elle répond qu’elle le vit actuellement à la Commission. Plus que tout, elle souhaite vivre une vie professionnelle active et s’accomplir en tant que personne. Nous ne pouvons que contempler avec admiration les efforts déployés par Mme Bois pour surmonter ses limitations et vivre une vie à la pleine mesure de ses ambitions.

Semaine québécoise des personnes handicapées

Lorsque nous lui avons demandé si elle désirait livrer un message à l’occasion de la Semaine des personnes handicapées, Mme Bois a répondu que  « le plus important, c’est d'intégrer ces personnes, de ne pas les rejeter ou faire qu’elles se sentent différentes. » Comme tout autre employé, Mme Bois souhaite être acceptée dans son groupe. Bref, elle souhaite qu’on lui donne sa chance en tant que personne.

Lorsque nous lui avons demandé si elle désirait livrer un message à l’occasion de la Semaine des personnes handicapées, Mme Bois a répondu que le plus important, c’est d'intégrer ces personnes, de ne pas les rejeter ou faire qu’elles se sentent différentes.

Certains croient, à tort, que les personnes handicapées sont une source de problèmes. Selon Mme Bois, elles sont plutôt une source d’enrichissement et elles méritent qu’on leur donne une chance de se faire valoir, et ce, malgré leurs différences.

Le texte a été écrit par M. Philippe Cormier, anciennement à l'emploi de la Direction des communications de la Comission des normes du travail et par Mme Lise Poulin, de la Direction des ressources humaines et de la qualité de vie au travail de la Commission.

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